Déclaration conjointe de la CDD-FSEG, de la CDDSP, de la CDUL, de la CDUS et de la C3D sur le projet de transformation du premier cycle

Le 16 novembre 2017, l’allocution et les réponses précises de la Madame la Ministre de l’ESRI ont levé plusieurs questionnements d’importance concernant les « attendus » à définir pour l’accès à l’Université :

  • Les attendus, nationaux, se déclineront par mention de diplôme de licence ; ils seront brefs, et aisément accessibles aux usagers. Ils seront complétés par des attendus spécifiques aux établissements, comme ceux correspondants aux portails en L1.
  • La réforme a pour objectif de mieux associer qu’aujourd’hui les avis des établissements secondaires sur les potentialités de chaque lycéen et les attendus des universités.
  • Le calendrier de progression globale a été précisé à court terme, et assoupli à moyen terme.
  • L’accompagnement de la réforme devrait être soutenu financièrement, via un budget (500 M€) qu’il conviendra de flécher vers le cycle licence, et via le budget du second appel à projet « Nouveaux cursus universitaires » qui passerait de 250 à 450 M€.

Ces précisions témoignent d’une prise en compte simultanée de l’ensemble des problèmes caractérisant le lien secondaire – supérieur, et d’une volonté de les résoudre concrètement dans des délais pertinents : c’est pourquoi le soutien que nous apportons à la réforme en cours se trouve conforté. Enfin, l’ensemble des acteurs, présidents d’universités bien sûr, mais aussi vice-présidents CFVU, conférences des directeurs d’UFR et associations d’enseignants-chercheurs sont directement associés à la définition nationale des attendus pour l’accès des bacheliers aux études universitaires. Gageons que la collaboration de nos conférences avec les équipes présidentielles permettra de dépasser les clivages entre disciplines et/ou entre établissements pour que l’indispensable réforme en cours soit déployée avec pragmatisme et discernement, en termes de ressources, de calendrier et de cohésion au sein de chaque université.

Christian Lagarde, Président de la CDD-FSEG
Sandrine Clavel, Présidente de la CDDSP
Pierre-Yves Gilles, Président de la CDUL
Yves Bertrand, Président de la CDUS
Didier Delignières, Président de la C3D STAPS

Plan Etudiants : l’avis de la C3D

La C3D a accueilli avec satisfaction le Plan Etudiants, dans lequel elle a retrouvé l’essentiel des propositions qu’elle avait exprimées au sein du groupe de travail STAPS. Il s’agit à notre sens de propositions équilibrées, pragmatiques, devant permettre des avancées significatives dans un système universitaire qui apparaissait particulièrement bloqué.

Nous avions proposé la mise en place d’attendus multi-critériés, renvoyant aux compétences développées par les candidats dans quatre domaines (compétences scientifiques, littéraires, sportives et engagement citoyen). Ce principe a été retenu et nous ne pouvons que nous féliciter. Les STAPS ont trop souffert du tirage au sort et de ses dérives pour ne pas se réjouir de son dépassement. Nous sommes par ailleurs persuadés que l’accueil massif, sans discernement, de tous les candidats postulant à la licence STAPS ne peut déboucher que sur l’échec récurrent et prévisible d’un certain nombre d’entre eux. Lire la suite

Réforme du premier cycle universitaire : Synthèse des propositions de la C3D

Lors de la cinquième réunion du groupe de travail STAPS, Thierry Terret, rapporteur du groupe, a décliné en 24 points les propositions issues des précédents échanges. Si la C3D STAPS se félicite que l’ensemble de ces propositions reprenne peu ou prou celles qu’elle a patiemment avancées et défendues au cours des réunions du groupe, nous conservons une certaine frustration vis-à-vis de l’aspect linéaire de cette liste. Nous avons toujours tenté de réfléchir de manière systémique, liant entre elles nos propositions et tentant d’évaluer leurs conséquences probables. La liste proposée, sans priorité ni hiérarchie, chaque item étant au même niveau, ne rend sans doute pas assez compte de la richesse des échanges qui ont marqué ces cinq semaines de travail.

Il nous semble nécessaire, en complément de cette liste de propositions, de revenir sur les positions défendues par la C3D, et la manière dont nous avons abordé cette concertation. D’une manière générale, nous avons essayé d’éviter les positions idéologiques fermées, préférant le compromis et le dialogue. Il nous a notamment paru qu’il fallait éviter de caricaturer le problème en se focalisant sur la proposition de pré-requis, qui ne constitue qu’un des éléments du système. Lire la suite

Modalités d’accès à l’enseignement supérieur : un appel à la lucidité et au courage politique

Nous ressentons actuellement un certain flottement dans la concertation sur l’accès à l’enseignement supérieur. Lors de la formation des groupes de travail, il était question de libérer les initiatives et les propositions, de chercher les moyens pour sortir d’une situation qui au fil du temps était devenue ubuesque. Lors des premières réunions des points de vue difficilement conciliables ont été exprimés, mais c’est la logique de toute concertation de chercher des compromis acceptables. Certains messages nous alertent cependant quant à l’issue possible de ces discussions.

Face à la complexité du problème aujourd’hui posé à l’université, seules des réponses négociées, équilibrées, étagées sur la durée, peuvent permettre d’apporter des solutions satisfaisantes. La Conférence des Directeurs de STAPS (C3D) a fait des propositions qui tentaient de respecter ces principes. Permettons-nous à nouveau de les résumer :

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Il ne suffit pas supprimer le tirage au sort

Au lendemain de la première réunion du groupe de travail STAPS du 13 septembre 2017, au cours de laquelle des points de vue divergents ont pu s’exprimer, il nous semble nécessaire de préciser les positions de la C3D STAPS. Il nous apparaît de manière claire que le problème ne saurait se limiter à la suppression du tirage au sort et à son remplacement par une analyse des dossiers des candidats, quelle qu’en soit la nature. Il faut au préalable poser le cadre politique dans lequel une telle évolution des procédures d’entrée à l’université pourrait s’opérer.

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STAPS : une rentrée sous tension

La rentrée universitaire en STAPS ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Il va déjà falloir accompagner le plus humainement possible les déçus d’APB. Nous avons reçu tout l’été des messages de lycéens désespérés de n’avoir pas été retenus par le tirage au sort. Bien sûr, ces lycéens ont le plus souvent obtenu une place quelque part, et ne rentrent donc pas dans les statistiques des candidats sans proposition. Mais quand on n’envisageait pas autre chose que les STAPS et que l’on n’est accepté que dans son 15ème vœu, dans une filière que l’on avait ajoutée par défaut, on ne peut pas dire que l’on commence dans l’euphorie ses études universitaires.

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Prérequis à l’entrée à l’université: orientations politiques et éthiques de la C3D

La question des prérequis à l’entrée en licence va s’inscrire de manière prégnante dans le débat universitaire. Le recours massif au tirage au sort dans certaines disciplines, jugé inacceptable par l’opinion publique, les positions prises par la Conférence des Présidents d’Université et par plusieurs Conférences disciplinaires laissent à penser qu’un certain nombre d’acteurs majeurs du système universitaire sont prêts à engager une réflexion de fond pour dépasser la situation actuelle. On peut également rappeler que cette question des prérequis était l’un des thèmes de campagne du Président de la République, qui avait notamment affirmé que « pour remédier au fort taux d’échec des étudiants en cursus de licence, chaque université aura vocation à préciser en toute transparence les prérequis de chacune des formations qu’elle propose dans le cadre d’un contrat de réussite conclu entre l’étudiant et l’établissement ». Lire la suite