Capacités d’accueil en STAPS : Chat échaudé craint l’eau froide…

La C3D l’a annoncé dès juin 2017, suite à son séminaire de Rodez : « Il n’est pas question de réduire les capacités d’accueil actuelles, et nous les augmenterons dès que les moyens qui nous seront alloués l’autoriseront »[i]. Si nous avons activement défendu l’idée de la prise en compte de compétences attendues pour parfaire l’orientation des étudiants dans l’enseignement supérieur, nous avons aussi affirmé clairement que pour que cette orientation ne se transforme pas en sélection brutale, il était nécessaire d’augmenter les capacités d’accueil dans les formations existantes (en premier lieu en Licence STAPS), mais aussi de diversifier l’offre de formation par l’ouverture de nouveaux parcours (notamment des DEUST). Lire la suite

Cours supprimés à l’UFR STAPS de Lyon, faute de locaux: pas encore le carton jaune

Mardi 13 septembre, les étudiants devant l’absence de salles ou d’amphis se sont mobilisés pacifiquement pour dire leur volonté de pouvoir étudier dans de bonnes conditions. C’est en effet 1000 étudiants qui n’ont pas pu avoir cours ce mardi matin sur 3 créneaux de cours, c’était 600 la semaine dernière lors des remises à niveau des 1ère année. Ils se sont rendus, avec les enseignants concernés à la présidence de l’université où ils ont été reçus par la direction. Les délégués étudiants ont rappelé que la première condition pour permettre la réussite était de leur fournir des salles de cours, se sont interrogés sur la diminution du nombre de salles alors même que les effectifs augmentent, ne comprennent pas pourquoi ils doivent courir d’un bout à l’autre du campus, pourquoi ils changent de salles continuellement pour des mêmes cours.

L’équipe de gouvernance, par la voie de son président au conseil académique, a expliqué les difficultés particulières de cette rentrée de mise en place du nouveau quinquennal, leur a assuré mettre tout en oeuvre pour trouver des solutions sur le court terme, réouverture d’un amphi notamment, et à moyen terme en promettant de travailler à une meilleure coordination des emplois du temps et en démarrant un plan de rénovation des locaux. À l’inter cours, les étudiants sont retournés à leurs études promettant d’être attentif aux solutions qui leur seront données. Les enseignants, quant- à eux, très attachés au bon déroulement des formations et à leur qualité, rappellent que ces problèmes sont récurrents. Ils prennent acte de la volonté de l’équipe de gouvernance de traiter ce problème, mais attendent des résultats concrets.

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La direction de l’UFR apprécie l’esprit constructif dans lequel se développe le travail avec l’équipe de gouvernance et salue l’investissement du service de gestion des salles pour pallier aux difficultés. Elle ne doute pas que des solutions seront trouvées mais regrette cependant que les problèmes ne soient pas assez anticipés.

Admission Post-Bac : le bilan pour les STAPS

Nous venons d’avoir accès aux dernières données issues de la plate-forme Admission PostBac (APB), qui nous permettent de faire un bilan de la tension à l’entrée en première année de Licence. Si l’on centre l’analyse sur les parcours non sélectifs, c’est-à-dire la Licence STAPS « classique » (certains UFR proposent des parcours sélectifs, notamment pour la préparation aux écoles de kinésithérapie), les capacités d’accueil nationales (c’est-à-dire le nombre de places ouvertes sur APB) s’élève à 17476 places.

En regard, le nombre de vœux n°1 exprimés sur APB (c’est à dire les lycéens ayant placé en premier vœu une licence STAPS de leur académie) est de 27979. Ces candidatures se répartissent comme suit : 59.1% de baccalauréats généraux, 17.3% de baccalauréats technologiques, et 7.2% de baccalauréats professionnels. Les différences sexuées sont toujours marquantes : 74 % de garçons et 26% de filles…

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Des milliers d’étudiant.e.s STAPS supplémentaires sans 1 centime d’euros investis !

Au lendemain de l’annonce des résultats du BAC, les bacheliers devraient dans la globalité avoir une réponse favorable à leur voeu d’orientation dans l’enseignement supérieur, à une exception près : la filière STAPS. En effet, le système des candidatures groupées pour les filières universitaires en tension (droit, PACES, psychologie et STAPS) devait permettre d’accueillir, à l’issue des trois phases d’admission (prenant fin le 19 juillet 2016), les voeux 1 des candidats de l’académie. Les choix d’orientation concernant les STAPS sont une nouvelle fois en hausse et la filière STAPS demeure une formation où l’accueil reste en tension. Seuls 73,3 % des voeux 1 ont pu être satisfaits à ce stade, soit 9000 étudiant.e.s laissés sur le banc de touche. Lire la suite

Liquidation du Département STAPS de l’USQV : On achève bien les chevaux…

A l’heure où les STAPS sont reconnues comme filière « sous tension », où tout le monde cherche des solutions pour cette masse de lycéens qui souhaitent rejoindre les métiers du sport, l’USQV planifie la fermeture de son Département STAPS. On sent que l’USQV a le service public chevillé au corps.

Depuis plusieurs années la fermeture de ce département a été délibérément organisée. L’université a systématiquement récupéré les supports budgétaires des postes libérés par les départs à la retraite et les mutations. Les initiatives du Département STAPS pour faire évoluer son offre de formation ont été muselées. Le directeur du Département a subi un isolement administratif que l’on qualifierait volontiers de harcèlement au travail. Il vient d’annoncer à ses étudiants qu’il ne pouvait poursuivre son investissement, pour raisons médicales. C’est une soixantaine d’étudiants de Licence qui se voient ainsi privés d’encadrement pour finir leur formation.

Nous avons plusieurs fois alerté la communauté universitaire à propos de la situation du Département STAPS de l’USQV (voir notamment : A l ‘UVSQ, les formations STAPS servent de variable d’ajustement, le 12 décembre 2014 ; La disparition programmée du Département STAPS de Versailles, le 20 juin 2014 ; Le Département STAPS de Versailles en danger, le 30 novembre 2013). Visiblement rien n’a pu enrayer la machine infernale.

La Conférence des Directeurs de STAPS s’émeut du sort réservé à ce collègue unanimement apprécié, et aux étudiants qui ont cru pouvoir faire confiance à l’université. Plus largement, elle s’inquiète fortement que l’autonomie des universités débouche sur des évolutions qui mettent en péril l’accueil des étudiants.

Didier Delignières Président de la C3D

Des prépas privées pour entrer en STAPS…

La pression actuelle à l’entrée dans les UFR STAPS, les capacités d’accueil limitées, la possibilité de tirage au sort, génèrent des inquiétudes légitimes de la part des lycéens et de leurs parents. On pouvait s’attendre à ce que des officines privées ne tardent pas à exploiter ce filon.

L’Ecole des Métiers du Service, du Commerce et de l’Accueil, sise dans la région parisienne, vient d’ouvrir « un cursus de préparation aux études de la filière STAPS ». Il s’agit d’une formation de 9 mois destinée aux « étudiants qui souhaitent optimiser leurs chances de réussite dans leur future carrière de sportifs, encadrants ou professeurs de sport ».

Soyons clairs : les études en STAPS sont construites pour permettre la réussite de tous les lycéens, pour peu qu’ils en aient la motivation et que leurs projets professionnels correspondent à ces formations. On peut douter que quelques mois de « préparation » puissent palier ce que l’enseignement secondaire et les expériences personnelles n’ont pas construit.

Il nous été rapporté également que cette école laissait miroiter la possibilité de places assurées en STAPS pour leurs élèves, suite à la signature de conventions avec les universités. Il va de soi que ceci constituerait une violation du principe de l’égalité de tous dans l’accès à l’université, et que de tels accords ne sauraient exister.

Les étudiants STAPS dans la rue pour défendre leur avenir !

« La mobilisation du mercredi 23 septembre 2015, lancée à l’appel de l’Association Nationale des Etudiants en STAPS (ANESTAPS) et des associations d’étudiants. Près de 12 000 étudiants dans 30 villes sont attendus dans les rues, soit un étudiant en STAPS sur cinq, afin d’afficher leur mécontentement face au manque de ressources financières, humaines, d’infrastructures, subi au quotidien au sein de leurs UFR. Ce manque restreint les jeunes dans leur accès à la formation et rejette les étudiants souhaitant s’inscrire en première année de STAPS. Ce qu’ils attendent ? Un réinvestissement financier majeur dans l’enseignement supérieur.

Face à l’illisibilité des formations dans le champ du sport et de l’animation, le coût exorbitant des formations du Ministère des Sports (BPJEPS), les jeunes se retrouvent ballottés entre sélection universitaire et sélection financière dans les certifications. S’insérer professionnellement dans ce milieu devient donc un parcours du combattant, mettant au pied du mur chaque jeune dans la construction de son avenir professionnel.

Une réforme doit être élaborée pour mettre en concertation l’ensemble des acteurs concernés par les formations du champ du sport et de l’animation. Organismes de formations, branches professionnelles et étudiants doivent se regrouper et former un guichet unique d’informations et d’orientation autour des formations. Il est nécessaire que les étudiants puissent identifier de façon claire et précise les niveaux d’intervention professionnelle en fonction des compétences développées par les formations.

L’ANESTAPS et ses associations exigent des réponses que seuls les pouvoirs publics puissent apporter et continueront les mobilisations tant que les Ministères compétents n’auront pas officiellement annoncé les réformes nécessaires. »