Réforme du premier cycle universitaire : Synthèse des propositions de la C3D

Lors de la cinquième réunion du groupe de travail STAPS, Thierry Terret, rapporteur du groupe, a décliné en 24 points les propositions issues des précédents échanges. Si la C3D STAPS se félicite que l’ensemble de ces propositions reprenne peu ou prou celles qu’elle a patiemment avancées et défendues au cours des réunions du groupe, nous conservons une certaine frustration vis-à-vis de l’aspect linéaire de cette liste. Nous avons toujours tenté de réfléchir de manière systémique, liant entre elles nos propositions et tentant d’évaluer leurs conséquences probables. La liste proposée, sans priorité ni hiérarchie, chaque item étant au même niveau, ne rend sans doute pas assez compte de la richesse des échanges qui ont marqué ces cinq semaines de travail.

Il nous semble nécessaire, en complément de cette liste de propositions, de revenir sur les positions défendues par la C3D, et la manière dont nous avons abordé cette concertation. D’une manière générale, nous avons essayé d’éviter les positions idéologiques fermées, préférant le compromis et le dialogue. Il nous a notamment paru qu’il fallait éviter de caricaturer le problème en se focalisant sur la proposition de pré-requis, qui ne constitue qu’un des éléments du système. Lire la suite

Modalités d’accès à l’enseignement supérieur : un appel à la lucidité et au courage politique

Nous ressentons actuellement un certain flottement dans la concertation sur l’accès à l’enseignement supérieur. Lors de la formation des groupes de travail, il était question de libérer les initiatives et les propositions, de chercher les moyens pour sortir d’une situation qui au fil du temps était devenue ubuesque. Lors des premières réunions des points de vue difficilement conciliables ont été exprimés, mais c’est la logique de toute concertation de chercher des compromis acceptables. Certains messages nous alertent cependant quant à l’issue possible de ces discussions.

Face à la complexité du problème aujourd’hui posé à l’université, seules des réponses négociées, équilibrées, étagées sur la durée, peuvent permettre d’apporter des solutions satisfaisantes. La Conférence des Directeurs de STAPS (C3D) a fait des propositions qui tentaient de respecter ces principes. Permettons-nous à nouveau de les résumer :

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Il ne suffit pas supprimer le tirage au sort

Au lendemain de la première réunion du groupe de travail STAPS du 13 septembre 2017, au cours de laquelle des points de vue divergents ont pu s’exprimer, il nous semble nécessaire de préciser les positions de la C3D STAPS. Il nous apparaît de manière claire que le problème ne saurait se limiter à la suppression du tirage au sort et à son remplacement par une analyse des dossiers des candidats, quelle qu’en soit la nature. Il faut au préalable poser le cadre politique dans lequel une telle évolution des procédures d’entrée à l’université pourrait s’opérer.

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STAPS : une rentrée sous tension

La rentrée universitaire en STAPS ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Il va déjà falloir accompagner le plus humainement possible les déçus d’APB. Nous avons reçu tout l’été des messages de lycéens désespérés de n’avoir pas été retenus par le tirage au sort. Bien sûr, ces lycéens ont le plus souvent obtenu une place quelque part, et ne rentrent donc pas dans les statistiques des candidats sans proposition. Mais quand on n’envisageait pas autre chose que les STAPS et que l’on n’est accepté que dans son 15ème vœu, dans une filière que l’on avait ajoutée par défaut, on ne peut pas dire que l’on commence dans l’euphorie ses études universitaires.

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Prérequis à l’entrée à l’université: orientations politiques et éthiques de la C3D

La question des prérequis à l’entrée en licence va s’inscrire de manière prégnante dans le débat universitaire. Le recours massif au tirage au sort dans certaines disciplines, jugé inacceptable par l’opinion publique, les positions prises par la Conférence des Présidents d’Université et par plusieurs Conférences disciplinaires laissent à penser qu’un certain nombre d’acteurs majeurs du système universitaire sont prêts à engager une réflexion de fond pour dépasser la situation actuelle. On peut également rappeler que cette question des prérequis était l’un des thèmes de campagne du Président de la République, qui avait notamment affirmé que « pour remédier au fort taux d’échec des étudiants en cursus de licence, chaque université aura vocation à préciser en toute transparence les prérequis de chacune des formations qu’elle propose dans le cadre d’un contrat de réussite conclu entre l’étudiant et l’établissement ». Lire la suite

100 M€ pour l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants

Le secrétariat d’État à l’Enseignement Supérieur et la Recherche a adressé aux universités le 16 novembre un courrier indiquant la répartition des 100 M€ supplémentaires inscrits dans le PLF 2017 au titre de l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants.

La C3D ne peut que se réjouir de cette annonce. Les STAPS ayant été décrites lors de la dernière rentrée comme la seule discipline universitaire encore en tension, on peut espérer que cette dotation supplémentaire contribuera de manière ciblée à leur permettre un accueil décent des lycéens désireux de construire leur avenir dans cette filière. Reste à souhaiter que cette dotation supplémentaire soit effectivement fléchée par les universités sur ce qui en a motivé le déblocage.

Tensions dans les UFR et Départements STAPS

Avec l’accroissement des effectifs en STAPS, il fallait s’attendre à ce que des tensions apparaissent lors de la rentrée universitaire. Ainsi à l’UFR STAPS de l’université de Guadeloupe, les étudiants ont entamé un mouvement pour protester contre leurs conditions d’études : manque de salles, d’enseignants et d’installations sportives. Ces dernières années le nombre d’étudiants a été multiplié par quatre et rien n’a été prévu pour les accueillir décemment.

Au département STAPS de Chambéry, les enseignants ont démissionné de leurs responsabilités pédagogiques, face à l’accroissement des effectifs et à l’absence de considération de la direction de l’UFR Science et Montagne dont ils dépendent. Au-delà du manque de locaux, c’est le déficit d’encadrement qui est pointé, alors que d’autres départements de l’UFR semblent plus confortablement dotés et possèdent des postes vacants. Le département STAPS doit faire appel à de nombreux vacataires pour faire face à la demande, au détriment de la qualité de la formation (voir le communiqué de presse du Bureau des étudiants).

On peut ajouter à cette liste l’UFR STAPS de Toulouse, qui connaît depuis fin septembre un mouvement de grève des personnels administratifs et enseignants, relayé par les étudiants, là aussi motivé par des conditions déplorables d’exercice, le sur-effectif et le sous-encadrement.

Dans tous les cas les structures STAPS se sentent clairement délaissées par leurs tutelles. Il ne suffit pas que le ministère accorde des rallonges budgétaires face aux difficultés actuelles. Encore faut-il que les universités acceptent de faire face honnêtement à leurs missions de service public, et répartissent leurs moyens en fonction des charges effectives de leurs composantes. De même pour les UFR envers leurs départements. Que la situation des universités soit délicate est concevable. Mais que la gestion des universités crée des bulles de précarité en leur sein, c’est plus difficilement acceptable.