L’UFR STAPS du Mans dans une situation intenable

L’UFR STAPS du Mans fait face depuis plusieurs années à des problèmes d’encadrement récurrents. C’est près de 1000 étudiants qui sont accueillis dans cet UFR, avec uniquement une vingtaine d’enseignants titulaires pour assurer les formations. L’ensemble des responsables a décidé de démissionner de ses fonctions administratives, et les étudiants ont engagé des actions pour faire connaître leurs difficultés. Les média se sont fait écho de cette situation.

Comme l’ensemble des STAPS de France, l’UFR du Mans a fait des efforts considérables ces dernières années pour accroître ses capacités d’accueil, afin de faire face à la demande croissante des lycéens. Si un certain nombre d’UFR STAPS ont bénéficié l’année dernière de créations de postes leur permettant d’accepter ces étudiants supplémentaires dans des conditions raisonnables, de nombreux centres de formation n’ont pu obtenir de création et ont dû se contenter de compensations en heures d’enseignement. Il est clair cependant que des heures complémentaires, assurées le plus souvent par des vacataires, ou par des enseignants déjà surchargés, ne peuvent remplacer l’apport de nouveaux enseignants titulaires, s’engageant sur le long terme dans les projets pédagogiques et des postes de responsabilités.

Nous savons les difficultés auxquelles sont confrontées les universités, engagées dans des plans de stabilité budgétaire, et tentant tant bien que mal de maîtriser leur masse salariale. Mais d’un autre côté les STAPS ne peuvent jouer le jeu de l’accueil massif des lycéens et d’un travail effectif sur leur réussite sans contreparties tangibles au niveau de leur potentiel d’encadrement. L’année dernière plus d’une centaine de postes d’enseignants ont été créés, à l’occasion de la première vague de ParcourSup, permettant l’ouverture de 3200 places supplémentaires en STAPS. Les rectorats et les universités ont accompagné tant bien que mal cet effort, même s’il a fallu dans quelques UFR STAPS afficher de manière véhémente des revendications légitimes (Nantes, Rennes, Brest, et Rouen notamment). Cette année les créations de poste sont plus rares, bien que de nombreux UFR aient accepté d’accroître encore leurs capacités d’accueil, et que l’amélioration de la réussite en Licence 1 génère des coûts plus importants en seconde année.

L’UFR STAPS du Mans réagit à une situation particulièrement intenable, et la C3D soutient complètement les revendications des enseignants et des étudiants. Mais de nombreux directeurs nous font remonter des problèmes similaires dans leurs universités, avec l’impression d’être lâchés au milieu du gué, après l’enthousiasme de la première année de ParcourSup.

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L’UFR STAPS organise du 21 octobre 14 h au 22 octobre 14 h les 24 heures STAPS du Mans

 

Séminaire de la C3D à Montpellier

Le séminaire de la C3D se déroule à Montpellier, du 17 au 20 juin. Programme dense, dédié à l’approche par blocs de compétences, aux nouvelles perspectives de professionnalisation en Licence, aux problèmes de capacités d’accueil et de moyens, à la gestion de ParcourSup, etc.

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Intervention de Jean-Louis Gouju, conseiller scientifique à la DGESIP, sur les blocs de compétences

PARIS 2024: premiers dérapages…

Nous apprenons l’ouverture d’une nouvelle école privée en management du sport, offrant des formation de niveau Bachelor et Master, la Paris School of Sports. Difficile d’échapper au matraquage publicitaire de cette Ecole, qui a pu s’associer l’image de Teddy Rinner, présenté comme co-fondateur de cette noble institution.

Nous trouvons déplorable que cette école présente comme nouvelles et exclusives des formations qui existent depuis longtemps dans l’université, et notamment dans les formations en Management du Sport des UFR STAPS. Ces formations privées seront sans doute 20 fois plus onéreuses que celles du service public, et donc inaccessibles à l’immense majorité des jeunes. Nous espérons au moins que les universitaires STAPS, qui ont construit leur carrière et leur savoir grâce au service public qui les emploie, n’iront pas vendre leurs compétences à des formations qui entreront en concurrence avec celles qu’ils ont pu créer à l’université. Nous espérons aussi que le ministère de l’Enseignement Supérieur saura préserver ses diplômes nationaux, de Licence et de Master, face à l’émergence improvisée et opportuniste de ces formations privées.

Nous regrettons enfin que Teddy Rinner, icône du judo français, co-président du comité des athlètes Paris 2024, chantre du sport éducatif, déplorant par ailleurs avec force le peu de soutien de l’Etat au développement de la pratique sportive, se perde dans une basse opération mercantile.

Didier Delignières
Président de la C3D

On trouvera ci-joint un communiqué signé conjointement par l’ANESTAPS, le FAGE et la C3D.

Communiqué de Presse  du 08/10/18