Master MEEF : les bonnes places risquent d’être chères…

Les ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur ont levé le voile sur l’organisation future des masters MEEF, après la mise en place du concours dans son nouveau format (en fin de M2). Ils prévoient notamment la mise en place d’un dispositif d’alternance en seconde année de master, les étudiants intervenant en responsabilité pour l’équivalent d’un tiers temps. Le document indique que la mise en place de ce stage en alternance « implique d’identifier dans les académies le vivier d’étudiants qui bénéficiera du dispositif et les berceaux d’accueil des futurs alternants ».

Les ministères se veulent rassurants : ils prévoient entre 10000 et 12000 alternants en seconde année de master MEEF. Dans la mesure où les M2 MEEF accueillent actuellement 24000 étudiants, dont seule la moitié provient du M1 MEEF, ils supposent que « l’équivalent de la population issue des masters 1 MEEF pourra être accueilli en stage alternant dans les établissements scolaires ».

C’est peut être plausible si l’on prend en compte l’ensemble des concours du second degré, mais cela a-t-il du sens pour les Master MEEF EPS ? Dans la mesure où les postes ouverts en EPS représentent un peu moins de 10% des postes ouverts aux concours du secondaire, on peut estimer qu’environ 1000 postes d’alternants pourraient être attribués à l’EPS au niveau national. Notons cependant qu’il y a cette année 2985 étudiants en master 1 MEEF EPS, sélectionnés sur un potentiel de 4671 étudiants de licence 3 EM, et qui risquent de passer en grande majorité en seconde année. Si l’on poursuit le raisonnement jusqu’au bout, ce n’est donc qu’un étudiant sur trois qui pourrait bénéficier en M2 d’un contrat d’alternance, les autres devant sans doute se contenter de stages d’observation, non rémunérés. Il reviendra aux universités, sur la base des résultats de M1, de désigner les heureux élus. Lire la suite

« Sport sur ordonnance » : les officines privées de formation sortent du bois

On nous signale la création d’un Collège Européen de Sport–Santé, sis à Biarritz, proposant une formation de 285 heures débouchant pour un tarif de 3500€ sur la délivrance d’un Diplôme d’accompagnateur “Sport-santé”. Ce diplôme permettrait « l’acquisition de compétences professionnelles complémentaires à la prise en charge des personnes éloignées de la pratique des activités physiques et sportives, ainsi que des personnes en difficultés de santé ». Il est précisé qu’« à l’issue de la formation le candidat doit être en capacité de mettre en place une action d’accompagnement vers la pratique sportive adaptée des publics éloignés des activités physiques et sportives (APS), dans un parcours actif de santé ».

Cette formation est présentée comme complémentaire, s’adressant à des candidats par ailleurs titulaires d’une licence STAPS, d’un CQP, BPJEPS, DEJEPS, DESPEPS, d’une qualification professionnelle ou fédérale dans le domaine du sport, ou d’un diplôme du secteur médical ou paramédical (masseur-kinésithérapeute, infirmier, aide soignant, ostéopathe).

Cadre balnéaire, plaquette classieuse, cette officine a quelques atouts pour attirer le chaland. Il fallait s’attendre à ce que les perspectives ouvertes par l’amendement Fourneyron suscitent de telles initiatives. Voici quelque temps c’est ParcourSup qui avait donné à certains l’idée de créer des « prépas STAPS », faisant miroiter des facilités d’entrée à l’université. Ce Collège Européen est dans la même logique, mais le « diplôme d’accompagnateur», qui n’existe que dans l’imaginaire fertile de ses créateurs, ne porte en soi aucune prérogative d’intervention auprès du public. Les ambitions de la prescription de l’activité physique, la fragilité des publics concernés, méritent sans doute mieux que de telles approches mercantiles.

On est par contre surpris que ce Collège ait obtenu le soutien de l’Agence régionale de santé de la Nouvelle-Aquitaine. Il y a sans doute quelques raisons de politique locale qui nous échappent, mais quand on voit les précautions dont s’entoure la création des formations universitaires (diplômes nationaux et diplômes d’établissement), une telle auto-proclamation est franchement suspecte.

L’activité physique sur prescription

L’Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité (ONAPS) et le Pôle Ressources National (PRN) Sport Santé Bien-Être publient un rapport sur les dispositifs de prescription d’activité physique, leurs modes de fonctionnement et de financement. Il rend compte, suite à une enquête portant sur une centaine de dispositifs, du profil des acteurs impliqués, issus soit du monde du sport, soit de celui de la santé, de celui des bénéficiaires de ces dispositifs, et analyse les modèles économiques les sous-tendant. Ce rapport, bien que limité dans le nombre de dispositifs dont il est réellement rendu compte, donne une image de la variété des montages proposés, des acteurs impliqués et indique également la diversité des publics pris en compte. Il soulève également l’absence fréquente de financements pérennes pour soutenir ces actions sur le long terme.

Les enseignants en activité physique adaptée sont présentés dans un encadré rédigé par les membres de la SFP-APA (Mathieu Vergnault, Christophe Latrille, Damien Maudet, Sébastien Lefranc, et Joffrey Humbert). Y sont notamment décrits le référentiel métier, le code de déontologie et l’annuaire des EAPA mis en ligne par la société. Notre collègue Claire Perrin, qui a travaillé avec la C3D sur le dossier de la loi Sport-santé et ses décrets d’application, détaille dans une postface un certain nombre de dispositifs mis en place dans l’académie de Lyon, impliquant les diplômés APAS.

Ce rapport constitue une base de travail importante pour la réflexion réalisée au sein des ARS, pour la mise en place de la prescription de l’activité physique adaptée.

Référence:

Charles M, Larras B, Bigot J, & Praznoczy C. (2019). L’activité physique sur prescription en France: état des lieux en 2019. Dynamiques innovantes et essor du sport sur ordonnance. Clermont-Ferrand : Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, Vichy : Pôle Ressources National Sport Santé Bien-Être.

L’UFR STAPS du Mans dans une situation intenable

L’UFR STAPS du Mans fait face depuis plusieurs années à des problèmes d’encadrement récurrents. C’est près de 1000 étudiants qui sont accueillis dans cet UFR, avec uniquement une vingtaine d’enseignants titulaires pour assurer les formations. L’ensemble des responsables a décidé de démissionner de ses fonctions administratives, et les étudiants ont engagé des actions pour faire connaître leurs difficultés. Les média se sont fait écho de cette situation.

Comme l’ensemble des STAPS de France, l’UFR du Mans a fait des efforts considérables ces dernières années pour accroître ses capacités d’accueil, afin de faire face à la demande croissante des lycéens. Si un certain nombre d’UFR STAPS ont bénéficié l’année dernière de créations de postes leur permettant d’accepter ces étudiants supplémentaires dans des conditions raisonnables, de nombreux centres de formation n’ont pu obtenir de création et ont dû se contenter de compensations en heures d’enseignement. Il est clair cependant que des heures complémentaires, assurées le plus souvent par des vacataires, ou par des enseignants déjà surchargés, ne peuvent remplacer l’apport de nouveaux enseignants titulaires, s’engageant sur le long terme dans les projets pédagogiques et des postes de responsabilités.

Nous savons les difficultés auxquelles sont confrontées les universités, engagées dans des plans de stabilité budgétaire, et tentant tant bien que mal de maîtriser leur masse salariale. Mais d’un autre côté les STAPS ne peuvent jouer le jeu de l’accueil massif des lycéens et d’un travail effectif sur leur réussite sans contreparties tangibles au niveau de leur potentiel d’encadrement. L’année dernière plus d’une centaine de postes d’enseignants ont été créés, à l’occasion de la première vague de ParcourSup, permettant l’ouverture de 3200 places supplémentaires en STAPS. Les rectorats et les universités ont accompagné tant bien que mal cet effort, même s’il a fallu dans quelques UFR STAPS afficher de manière véhémente des revendications légitimes (Nantes, Rennes, Brest, et Rouen notamment). Cette année les créations de poste sont plus rares, bien que de nombreux UFR aient accepté d’accroître encore leurs capacités d’accueil, et que l’amélioration de la réussite en Licence 1 génère des coûts plus importants en seconde année.

L’UFR STAPS du Mans réagit à une situation particulièrement intenable, et la C3D soutient complètement les revendications des enseignants et des étudiants. Mais de nombreux directeurs nous font remonter des problèmes similaires dans leurs universités, avec l’impression d’être lâchés au milieu du gué, après l’enthousiasme de la première année de ParcourSup.

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L’UFR STAPS organise du 21 octobre 14 h au 22 octobre 14 h les 24 heures STAPS du Mans

 

Mise à jour du bilan de réussite de ParcourSup en STAPS

Comme nous l’avions annoncé précédemment, nous mettons à jour les résultats de notre bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. La première version de ce bilan a suscité des réactions diverses, entre les pourfendeurs de la réforme, qui espéraient sans doute que ParcourSup n’ait aucun effet sur la réussite des étudiants, et ses thuriféraires, qui pour des raisons tout autant idéologiques souhaitaient voir émerger des progrès spectaculaires. Désolés de sans doute décevoir les uns et les autres, nous fournissons des données les plus objectives possibles, en toute transparence. Lire la suite

Un bilan de réussite de la première promotion ParcourSup en STAPS

Au terme de l’année universitaire 2018-2019, nous sommes en mesure de dresser un bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. 23 UFR et départements ont répondu à notre enquête, représentant un total de 11153 étudiants inscrits en 2018-2019. Ce billet sera remis à jour au fur et à mesure de l’arrivée des résultats des autres centres de formation. Cette enquête porte sur les résultats définitifs de l’année, après rattrapage. On pourra comparer ces résultats avec ceux de la première enquête que nous avons publiée voici quelques mois, à l’issue du premier semestre.

La figure 1 permet de comparer les résultats de la promotion 2017-2018 et ceux de la promotion 2018-2019, tous étudiants confondus (néo-entrants et redoublants). Le nombre d’étudiants décrocheurs croît légèrement par rapport aux résultats obtenus au semestre 1, mais reste toujours inférieur à celui relevé l’année précédente (14.57% en 2018-2019 contre 16.02% en 2017-2018). Les résultats globaux indiquent un pourcentage de réussite de 42.69% en 2017-2018, et 54.39% en 2018-2019, soit un gain de 11.7%. Ces résultats sont meilleurs que lors de l’enquête précédente, dans laquelle nous n’avions enregistré qu’un gain de 4.8%. Les présents résultats prennent en compte les rattrapages et la compensation entre semestres, ce qui peut expliquer la différence constatée. La moitié des étudiants se retrouve désormais dans l’intervalle de notes 10-13, ce qui n’était le cas que pour 36% d’entre eux au premier semestre. Cet effet se retrouve dans toutes les catégories de l’histogramme, les étudiants 2018-2019 présentant des pourcentages plus faibles dans les intervalles de notes situés en-dessous de la moyenne, et plus élevés dans les intervalles situés au-dessus. Ces tendances sont accrues lorsque l’on isole les néo-entrants, issus de la procédure ParcourSup.

 

Figure 1 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants inscrits en 2017-2018, en 2019-2019, et des néo-entrants de 2018-2019. Lire la suite

Les 5 mentions de Licence STAPS sont publiées au Journal Officiel

Le journal Officiel du 27 juin 2019 publie l’arrêté du 23 mai 2019 modifiant l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de licence et l’arrêté du 4 février 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master.

Ce texte acte la création de cinq mentions de Licence STAPS, correspondant aux parcours nationaux développés jusqu’alors dans la mention unique :
– STAPS – Activité physique adaptée et santé (APAS)
– STAPS – Education et motricité (EM)
– STAPS – Entraînement sportif (ES)
– STAPS – Ergonomie du sport et performance motrice (ESPM)
– STAPS – Management du sport (MS)

Cette création rentrera en application dès la rentrée 2019. Pour chacun des établissements actuellement accrédités pour la délivrance d’une Licence mention STAPS, la DGESIP va effectuer la transposition vers ces nouvelles mentions, en remplacement des parcours existant actuellement. Les universités sont actuellement contactées dans ce sens.

La C3D a porté officiellement une demande auprès du Ministère de l’Enseignement supérieur le 17 mai 2018, dans laquelle nous exprimions notre souhait que l’actuelle Licence STAPS soit divisée en 5 mentions autonomes. Cet aménagement nous paraissait essentiel à la lisibilité auprès des employeurs des formations de Licence STAPS, et donc à l’insertion professionnelle des diplômés. Rappelons que trois parcours de la Licence STAPS donnaient droit à l’obtention d’une carte professionnelle. Les cinq mentions de Licence STAPS resteront groupées dans un portail STAPS, affiché comme tel sur ParcourSup. Les étudiants intégreront de manière progressive la mention de leur choix, après une première année commune.

Nous remercions sincèrement l’ensemble des partenaires qui nous ont soutenu dans ce processus, et notamment le cabinet du MESRI, le cabinet du Ministère des Sports, les branches professionnelles, et l’ANESTAPS.