DILORAMES – un serious game sur les métiers du sport

Dans le cadre du Plan Etudiants, le projet DILORAMES travaille à la construction d’un un outil pédagogique, proposant un serious game sur smartphone et tablette pour sensibiliser un grand nombre de collégiens et lycéens aux métiers du sport.

Ce projet, coordonné par l’Université Numérique en Santé et Sport (UNESS), a été réalisé en collaboration avec la C3D, l’ANESTAPS, le CNU et l’ONISEP. Il a été cofinancé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le Ministère des Sports et la Commission Paritaire Nationale Emploi Formation (CPNEF).

La version bêta ouverte du serious game est d’ores et déjà disponible sur Androïd (https://play.google.com/store/apps/details?id=com.CCCP.Dilorames) et sera prochainement proposée sur IOS.

Une version plus complète sera disponible avant l’été et devrait permettre de rendre compte de la diversité des métiers du sport et des multiples voies d’accès qui s’offrent à ceux qui souhaitent y construire leur avenir professionnel.

Ce serious game est l’un des axes de travail retenus pour favoriser l’orientation des lycéens dans les métiers du sport et d’activité physique. Il complète l’arsenal des actions de communication développées par les STAPS (salons de l’enseignement supérieur, journées portes ouvertes, ambassadeurs étudiants, etc.).

Une présentation plus complète du projet DILORAMES

France Stratégie : une présentation bien caricaturale des STAPS

France Stratégie a publié en février 2019 un rapport intitulé « Vision prospective partagée des emplois et des compétences : Les métiers du sport ». Ce rapport présente des analyses tout à fait intéressantes sur les métiers du sport et leur évolution. On y apprend notamment qu’en 2017 les STAPS ont délivré 11 825 diplômes, contre 15 300 pour le ministère des Sports (BPJEPS majoritairement), et 6000 pour la branche professionnelle du sport (CQP). Les STAPS attirent des jeunes bacheliers en formation initiale, les BPJEPS et les CQP concernent des individus plus âgés et souvent déjà en situation d’emploi.

La présentation des formations en STAPS reste cependant étonnamment allusive et chargée d’a priori. Il est par exemple déclaré qu’en STAPS, « ce sont des jeunes en formation initiale dont une partie se destine aux métiers de l’enseignement des APS (préparation du concours) » (p. 13). Plus loin : « Cette filière prépare historiquement aux métiers de l’enseignement au sein de l’Éducation Nationale, mais elle s’est fortement diversifiée depuis » (p. 61). Et enfin : « pour faire face à la forte demande, toujours croissante, des jeunes bacheliers pour entrer dans la filière STAPS, les acteurs de cette filière cherchent à diversifier l’offre de formation vers des parcours autres que ceux de l’enseignement et de l’encadrement. Des licences « parcours management du sport » ont ainsi été développées,… » (p 65).

Si en effet lors de la création des UEREPS en 1974 la formation était uniquement finalisée par le professorat d’EPS, la diversification des filières a été initiée dès 1982 (il y a quand même 37 ans…). Les STAPS ne cherchent plus à diversifier l’offre de formation, cette diversification est installée depuis plusieurs décennies, et reconnue par les professionnels (sans quoi nous ne pourrions afficher les taux d’insertion professionnelle rappelés dans le rapport…).

A aucun moment les formations en Activité Physique Adaptée-Santé ne sont évoquées (à part de manière allusive, dans un tableau annexé p. 110), alors qu’elles représentent un pilier de l’offre de formation en STAPS, adossé sur une recherche spécifique. De même, la filière Education et Motricité est confinée dans la préparation aux concours de l’enseignement, quand la majeure partie des étudiants trouvent du travail dans le sport éducatif, auprès des associations et des collectivités locales. Les DEUST et Licences professionnelles proposées par les STAPS ne sont jamais présentées. On énonce complaisamment que les compétences des diplômés STAPS sont « parfois jugées trop généralistes », sans préciser de qui vient ce type de jugement ni rappeler les efforts réalisés depuis une vingtaine d’années pour aligner les contenus de formation en STAPS aux demandes des employeurs, autorisant ainsi l’inscription de la plupart des diplômes STAPS au Code du Sport.

Il est regrettable que dans un rapport censé éclairer les politiques de l’Etat, on donne une image partielle et dépassée de l’offre de formation du service public de l’enseignement supérieur.

Création de cinq mentions nationales de Licence STAPS

Dans un courrier daté du 6 mars 2019, le MESRI vient de nous annoncer qu’il acceptait la création de cinq mentions de licence STAPS :

  1. STAPS-Activité Physique Adaptée-Santé
  2. STAPS-Education et Motricité
  3. STAPS-Entraînement Sportif
  4. STAPS-Management du Sport
  5. STAPS-Ergonomie du Sport et Performance Motrice

Lors de la construction du cadre national des formations, en 2014, le nombre de mentions de Licence a été réduit à 45. Les STAPS ne disposaient plus que d’une seule mention, les anciennes spécialités étant devenues des parcours. Nous avons fait une demande officielle au Ministère le 17 mai 2018 pour l’obtention de cinq mentions, correspondant aux cinq spécialités précédentes. Les arguments étaient multiples :

Lire la suite

Premier bilan de réussite pour les étudiants ParcourSup en STAPS

Les jurys d’examen du premier semestre de Licence 1 ayant statué dans la plupart des universités, il nous est possible de dresser un premier bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. L’enquête n’est pas close, et nous modifierons ce billet au fur et à mesure que les résultats nous parviendront.

33 UFR et départements et 9 antennes ont répondu à notre enquête, représentant un total de 15113 étudiants inscrits en 2018-2019. Cette enquête analyse les résultats de la première session du premier semestre, donc avant la session de rattrapage.

La figure 1 permet de comparer les résultats de la promotion 2017-2018 et ceux de la promotion 2018-2019, tous étudiants confondus (néo-entrants et redoublants). D’une manière générale, on observe moins d’étudiants absents aux examens cette année que l’année dernière. A noter que nous n’avons pas été en mesure dans ces pourcentages de distinguer les décrocheurs des étudiants défaillants. On peut noter que ces pourcentages restent bien plus faibles (moins de 15% dans tous les cas) que ceux régulièrement dénoncés sur les réseaux sociaux. On observe également une baisse des pourcentages d’étudiants obtenant des moyennes inférieures à 7, et une hausse pour les moyennes plus élevées notamment dans la tranche 10-13. Cette figure isole également les résultats des néo-entrants de 2018-2019. On voit que toutes les tendances précédemment décrites sont accentuées si l’on ne prend en compte que les étudiants issus de la procédure ParcourSup.

Sans titre

Figure 1 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants inscrits en 2017-2018, en 2019-2019, et des néo-entrants de 2018-2019.

Lire la suite

Le concours en M2 : c’était la pire des solutions !

Le rapport de Monique Ronzeau et Bernard Saint-Girons, publié le 20 février 2019, privilégiait deux pistes pour le positionnement des concours enseignants :

  1. Des épreuves d’admissibilité en fin de Licence, et une admission en fin de master, admission qui « fondée sur l’obtention du master, ce qui devrait permettre de vérifier les compétences professionnelles acquises par les étudiants, cette évaluation devant nécessairement être prononcée conjointement par l’université et l’employeur, en articulant l’évaluation du master avec l’appréciation de la capacité des candidats à opérationnaliser les compétences professionnelles exigibles d’un enseignant débutant ». Cette solution était peu ou prou celle que la C3D avait défendue (voir notamment ici et ici).
  2. Un concours en fin de Master 2 (admissibilité puis admission). L’idée était principalement d’éviter de scinder le cursus master en deux phases, pré et post-concours.

Les ministres ont visiblement opté pour la seconde solution, qui à notre sens constitue le pire scénario que l’on pouvait entrevoir. Lire la suite

La recherche en STAPS, identification, visibilité et implication JOP 2024

Lors du dernier séminaire de la C3D à Rouen, la journée du 9 janvier consacrée à la recherche a permis de réaffirmer la capacité de la C3D à fédérer les chercheurs en STAPS et en sciences du sport. Elle a regroupé 39 directeurs et 28 enseignants-chercheurs en charge de la recherche dans leurs composantes, dont nombre de directeurs de laboratoires.

Cette journée a été l’occasion, dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (JOP 2024), d’accueillir différents acteurs qui contribuent, avec la C3D, à la reconnaissance de la recherche en STAPS dans les champs du sport, de la performance et des activités physiques et sportives : Vincent Nougier, Président du Groupement de Recherche Sport et Activité Physique, Jean-François Robin, responsable du Réseau National pour l’Accompagnement Scientifique de la Performance (RNASP) du Pôle Performance de l’INSEP, et Thierry Terret, délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Les différentes initiatives mises en œuvre par la C3D autour des JOP 2024 (annuaire de la recherche en STAPS, participation au lancement du RNASP, …) ont permis d’identifier les chercheurs en STAPS comme des interlocuteurs incontournables de la recherche en sciences du sport et de la performance. La C3D, par ses différentes actions, vise à favoriser la visibilité des chercheurs en STAPS, le travail en réseaux et leurs développements. Elle se mobilise pour répondre de façon efficiente aux différents appels à projet de recherche à venir et aux demandes spécifiques des fédérations pour l’optimisation de la performance de haut niveau.

Aurélien Pichon
Vice-président de la C3D, en charge de la recherche

Non, le concours enseignant n’a pas « vocation » à se dérouler en M2

1. Parce que ce serait sonner le glas de la formation professionnelle en master des futurs enseignants. Nous savons que les étudiants ne peuvent engager une véritable formation professionnelle qu’après être débarrassés de la barrière du concours,
2. Parce que les universités n’ont pas vocation à amener des étudiants à BAC+5 et à ne donner à une majorité d’entre eux qu’un diplôme n’offrant aucune perspective d’insertion professionnelle,
Nous pensons, contrairement aux déclarations du ministre de l’Education Nationale, que le concours enseignant n’a absolument pas vocation à se dérouler en M2. Lire la suite