Séminaire de la C3D à Montpellier

Le séminaire de la C3D se déroule à Montpellier, du 17 au 20 juin. Programme dense, dédié à l’approche par blocs de compétences, aux nouvelles perspectives de professionnalisation en Licence, aux problèmes de capacités d’accueil et de moyens, à la gestion de ParcourSup, etc.

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Intervention de Jean-Louis Gouju, conseiller scientifique à la DGESIP, sur les blocs de compétences

ParcourSup : La procédure de classement des vœux en STAPS

La procédure de classement de vœux sur ParcourSup s’est achevée le 10 mai. Comme l’année dernière nous présentons les détails de la démarche suivie pour la licence STAPS. Elle est à peu près identique à celle mise au point l’année dernière, les modifications portant essentiellement sur des adaptations aux informations effectivement disponibles cette année sur la plateforme. Cette présentation est essentiellement technique, et ne vise pas à légitimer une démarche, légitimation sur laquelle nous nous sommes déjà largement exprimés.

L’ensemble des UFR et départements STAPS ont utilisé la même procédure proposée par la C3D pour la Licence STAPS (à part dans une université qui a imposé l’utilisation du module d’aide à la décision). Outre le fait que cette procédure nationale simplifie grandement le travail des commissions d’examen des vœux, elle assure que sur l’ensemble du territoire les candidats à la Licence STAPS sont traités de manière identique. Un candidat postulant en Licence STAPS dans des universités différentes doit donc obtenir des scores identiques. Cette procédure a été mise à disposition de tous les UFR et départements STAPS le 5 avril, au travers d’un fichier Excel et d’un mode d’emploi détaillé. Lire la suite

Des postes pour les STAPS ?

Après les nombreuses créations de postes obtenues lors de la première année d’application de la loi ORE (selon notre dernier pointage, 65 postes second degré, 48 postes d’enseignant-chercheur, et 10 postes BIATTS), beaucoup de structures STAPS nous font remonter leurs inquiétudes quant à l’attribution de moyens pour faire face à la rentrée prochaine. Les universités annoncent d’une manière générale que l’augmentation des effectifs, tant en L1 qu’en L2, ne pourra être accompagnée que de dotations financières (1600€ par place supplémentaire), et non par la création de nouveaux postes. Cette situation, alors que le ministère s’était engagé à accompagner les filières en tension sur un plan pluriannuel inquiète un certain nombre d’UFR STAPS, qui avaient en effet planifié leurs perspectives de recrutement sur plusieurs années. Par ailleurs certaines antennes nouvellement créées auront des difficultés à assurer la seconde année, faute de pouvoir recruter des enseignants supplémentaires.

Si nous augmentons nos capacités d’accueil, ce n’est pas seulement pour réduire ponctuellement la pression, c’est aussi pour faire réussir nos étudiants. Notre engagement pour les parcours adaptés et l’amélioration de nos taux de réussite en semestre 1 en attestent. Ce sont des projets à long terme qui ne se traitent pas par de l’argent, mais par l’installation de compétences pédagogiques qui ne peuvent venir que de recrutements pérennes.

Nous avons contacté le ministère afin d’avoir une idée exacte des crédits alloués aux STAPS. Le tableau suivant récapitule l’effort financier réalisé ces trois dernières années[1]. Le ministère précise en outre qu’en effet cette année les budgets ne sont pas notifiés en postes, mais sous forme d’allocation de 1600 euros par place créée. Cependant l’argent qui est versé peut servir à financer des postes. Sauf problème de plafond d’emplois, il peut servir à recruter des enseignants titulaires et est soclé (c’est-à-dire inclus dans la dotation de manière pérenne).

Capture d’écran 2019-05-09 à 10.13.35 Lire la suite

Le CNESER vote contre la création des cinq mentions de licence STAPS

Lors de sa séance du 16 avril 2019, le CNESER a rejeté le projet de création de cinq mentions de licence STAPS, par 4 voix pour, deux abstentions et 19 voix contre (notamment le SNESUP, le SGEN-CFDT, la CGT, et les organisations étudiantes). C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis un an, qui nous semble essentiel pour l’employabilité de nos étudiants, et nous avons du mal à comprendre la défiance du CNESER, que nous ne pouvons guère attribuer qu’à une méconnaissance profonde de l’offre de formation des STAPS et de son fonctionnement.

On nous a dit que ce vote ne portait pas uniquement sur les mentions STAPS, mais qu’il s’agissait d’une modification plus large du cadre national des formations. En effet le projet de modification évoquait aussi sur une précision du périmètre géographique de la mention « théologie », et un changement de dénomination de la mention « sciences du médicament ». Sujets sensibles s’il en est. On ne sait pas vraiment si ce vote était une manifestation d’opposition de principe à toute évolution du Cadre National des Formations, dans un moment fusionnel intersyndical assez exceptionnel, ou si c’est spécifiquement le projet des STAPS qui était visé. On attend toujours une explication de texte crédible. Lire la suite

Formation des enseignants: des formateurs condamnés à l’exploit

La tentation de l’habitude

Avec un concours de recrutement des enseignants conservant un format à l’identique de l’actuel, les équipes de formateurs peuvent se rassurer. Ce qui a fait leur excellence perdure et ils seront tout à fait prêts à accompagner leurs étudiants vers la réussite. Avec une année supplémentaire de formation à leur disposition, la tâche de préparation aux épreuves aura nécessairement mieux été menée et le résultat ne pourra que révéler le travail, la qualité du savoir dispensé et la méthode la plus appropriée. La compétition, le classement des candidats ne se joueront plus que sur leurs qualités intrinsèques, la préparation ayant été menée à son aboutissement.

Pour des étudiants pleinement centrés sur la réussite au concours…

En bénéficiant eux aussi d’une année supplémentaire, les étudiants, ceux qui auront été suffisamment patients et persévérants pour se confronter en 5ème année d’études aux épreuves du concours de recrutement, ne pourront que se sentir mieux armés, fins prêts, sûrs de leurs compétences. Le tri aura été fait, sinon le classement entre eux, tout du moins au niveau local, minimisant l’aléatoire du jour J. Les meilleurs seront récompensés, quoi de plus normal. En EPS, ils auront le plus souvent bénéficié de quatre années de préparation linéaire au concours, la première année de Licence restant préservée encore à ce jour de cette centration unique. C’est dire s’ils seront au niveau.

…confrontés aux obligations de stage…

L’atteinte du but, réussir au concours, prend un chemin dont le parcours comprend des obstacles. Les stages, car c’est bien d’eux dont il s’agit, dont la visée est bien de construire l’expérience professionnelle, représentent cet obstacle de disponibilité et de concentration à la maturation et à l’entrainement aux épreuves. Certes les deux versants sont aujourd’hui jugés nécessaires à la formation d’un enseignant professionnel. Nous ne le contestons pas et aurions même une forte tendance à valoriser cette double approche de la formation. Complétée de la construction de la compétence à objectiver et à inventer par la formation à la recherche, les trois piliers de la formation des enseignants nous semblent ici présents. Mais un étudiant ne fonctionne guère ainsi.

…devant avoir dépassé la synthèse de la compétence professionnelle avant même de l’avoir construite.

Apprendre et  se former prennent du temps. À l’approche globale, ou plutôt ici systémique de la formation des enseignants, acquisition de savoirs, développement de compétences métiers, objectivation de l’action, il convient de considérer la méthode directement et majoritairement mise en œuvre par le candidat. Il suffit de les interroger pour comprendre très vite que leur objectif prioritaire n’est que celui de la réussite au concours. La poursuite concomitante des deux objectifs actuels de professionnalisation et de formation à la recherche en deuxième année de Master MEEF, sans oublier la validation du diplôme, sont déjà jugés comme trop conséquents pour une formation qui se construit logiquement dans la durée. Que pourra-t-elle être d’autre que la préparation aux épreuves dès lors que celles-ci seront en totalité placées en fin de Master ? Quand bien même seraient-elles fondamentalement professionnalisantes, elles y tendent fortement en EPS, c’est une chance, elles monopolisent à un tel point les efforts des étudiants que tout apprentissage supplémentaire devient surcharge et est en conséquence voué à l’inutilité.

Une souplesse nécessaire de la programmation de la formation, des stages

Dès lors que la place du concours est actée en fin de Master dans un temps raccourci entre les épreuves d’admissibilité et d’admission, les temps d’apprentissage du métier d’enseignant sont à penser différemment de la seule concomitance. On regrettera bien sûr qu’ait été passé sous silence le processus de sélection à l’entrée en Master déjà inscrit dans la loi, au moins pour s’assurer d’un minima disciplinaire et/ou méthodologique des étudiants, ainsi mieux gérer leurs flux et éviter qu’un trop grand nombre se retrouve dans une impasse d’insertion professionnelle à Bac+5. Ceci étant, les différents temps de formation restent à penser différemment, temps d’acquisition des savoirs, temps de stage en responsabilité, temps de formation à l’objectivation, de préparation aux épreuves du concours. S’ils ont à être combinés, ils ne peuvent pas conduire à la dispersion, au zapping anti-stabilisant. Des dominantes successives et chevauchantes dans la programmation des deux années de Master nous semblent indispensables. Pour les épreuves du concours, réserver un temps plein lors du dernier semestre serait a minima une organisation pédagogique susceptible de réduire les effets de concurrence de formation.

Sans penser l’organisation institutionnelle des temps de formation, les formateurs sont condamnés à l’exploit pour former les enseignants.

C’est sans doute d’abord avec une plus grande souplesse administrative, notamment concernant la mise en œuvre des stages, que l’exploit auquel sont condamnées les équipes de formation des enseignants deviendra moins impossible. Par leur compétence, les formateurs sauront alors concevoir et organiser la formation pour que les étudiants se forment au métier d’enseignant. L’expérience 2010 – 2012 du concours en M2, qui a fait long feu, n’est pas à reproduire.

Philippe Mathé
IFEPSA Angers
Secrétaire Général de la C3D

DILORAMES – un serious game sur les métiers du sport

Dans le cadre du Plan Etudiants, le projet DILORAMES travaille à la construction d’un un outil pédagogique, proposant un serious game sur smartphone et tablette pour sensibiliser un grand nombre de collégiens et lycéens aux métiers du sport.

Ce projet, coordonné par l’Université Numérique en Santé et Sport (UNESS), a été réalisé en collaboration avec la C3D, l’ANESTAPS, le CNU et l’ONISEP. Il a été cofinancé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le Ministère des Sports et la Commission Paritaire Nationale Emploi Formation (CPNEF).

La version bêta ouverte du serious game est d’ores et déjà disponible sur Androïd (https://play.google.com/store/apps/details?id=com.CCCP.Dilorames) et sera prochainement proposée sur IOS.

Une version plus complète sera disponible avant l’été et devrait permettre de rendre compte de la diversité des métiers du sport et des multiples voies d’accès qui s’offrent à ceux qui souhaitent y construire leur avenir professionnel.

Ce serious game est l’un des axes de travail retenus pour favoriser l’orientation des lycéens dans les métiers du sport et d’activité physique. Il complète l’arsenal des actions de communication développées par les STAPS (salons de l’enseignement supérieur, journées portes ouvertes, ambassadeurs étudiants, etc.).

Une présentation plus complète du projet DILORAMES

France Stratégie : une présentation bien caricaturale des STAPS

France Stratégie a publié en février 2019 un rapport intitulé « Vision prospective partagée des emplois et des compétences : Les métiers du sport ». Ce rapport présente des analyses tout à fait intéressantes sur les métiers du sport et leur évolution. On y apprend notamment qu’en 2017 les STAPS ont délivré 11 825 diplômes, contre 15 300 pour le ministère des Sports (BPJEPS majoritairement), et 6000 pour la branche professionnelle du sport (CQP). Les STAPS attirent des jeunes bacheliers en formation initiale, les BPJEPS et les CQP concernent des individus plus âgés et souvent déjà en situation d’emploi.

La présentation des formations en STAPS reste cependant étonnamment allusive et chargée d’a priori. Il est par exemple déclaré qu’en STAPS, « ce sont des jeunes en formation initiale dont une partie se destine aux métiers de l’enseignement des APS (préparation du concours) » (p. 13). Plus loin : « Cette filière prépare historiquement aux métiers de l’enseignement au sein de l’Éducation Nationale, mais elle s’est fortement diversifiée depuis » (p. 61). Et enfin : « pour faire face à la forte demande, toujours croissante, des jeunes bacheliers pour entrer dans la filière STAPS, les acteurs de cette filière cherchent à diversifier l’offre de formation vers des parcours autres que ceux de l’enseignement et de l’encadrement. Des licences « parcours management du sport » ont ainsi été développées,… » (p 65).

Si en effet lors de la création des UEREPS en 1974 la formation était uniquement finalisée par le professorat d’EPS, la diversification des filières a été initiée dès 1982 (il y a quand même 37 ans…). Les STAPS ne cherchent plus à diversifier l’offre de formation, cette diversification est installée depuis plusieurs décennies, et reconnue par les professionnels (sans quoi nous ne pourrions afficher les taux d’insertion professionnelle rappelés dans le rapport…).

A aucun moment les formations en Activité Physique Adaptée-Santé ne sont évoquées (à part de manière allusive, dans un tableau annexé p. 110), alors qu’elles représentent un pilier de l’offre de formation en STAPS, adossé sur une recherche spécifique. De même, la filière Education et Motricité est confinée dans la préparation aux concours de l’enseignement, quand la majeure partie des étudiants trouvent du travail dans le sport éducatif, auprès des associations et des collectivités locales. Les DEUST et Licences professionnelles proposées par les STAPS ne sont jamais présentées. On énonce complaisamment que les compétences des diplômés STAPS sont « parfois jugées trop généralistes », sans préciser de qui vient ce type de jugement ni rappeler les efforts réalisés depuis une vingtaine d’années pour aligner les contenus de formation en STAPS aux demandes des employeurs, autorisant ainsi l’inscription de la plupart des diplômes STAPS au Code du Sport.

Il est regrettable que dans un rapport censé éclairer les politiques de l’Etat, on donne une image partielle et dépassée de l’offre de formation du service public de l’enseignement supérieur.