Non, le BAFA n’est pas exigé pour rentrer en Licence STAPS…

Une dépêche AEF du 8 février 2018 rend compte des débats qui ont eu lieu au Sénat lors de la discussion sur la loi « orientation et réussite des étudiants ». Il y est notamment rapporté une déclaration de Pierre Ouzoulias, sénateur du groupe communiste : « Il est anormal qu’une université demande le BAFA dans ses attendus, comme c’est le cas par exemple à Montpellier« . Puisque cette rumeur revient régulièrement dans les déclarations des uns et des autres (journalistes, parlementaires, associations étudiantes), je souhaiterais faire une mise au point qui je l’espère sera lue, comprise et diffusée.

Tout d’abord il est nécessaire, dans la logique de ParcourSup, de clairement distinguer ce qui relève des attendus et ce qui relève des éléments pris en compte dans l’examen des candidatures. Les attendus visent à informer les lycéens sur les compétences qu’ils devront développer lors de leurs études, et qu’il serait intéressant qu’ils aient commencé à construire auparavant. Les attendus nationaux de la licence STAPS sont les suivants :

  • Disposer de compétences scientifiques
  • Savoir mobiliser des compétences en matière d’expression écrite afin de pouvoir développer un raisonnement argumenté
  • Disposer de compétences sportives
  • Manifester de l’intérêt pour l’exercice de responsabilités collectives, associatives ou citoyennes

Il est également précisé que « ces attendus décrivent les compétences favorables à la réussite en Licence STAPS. Ils ne sont pas hiérarchisés, les compétences étant toutes considérées d’égale importance. Comme il y a plusieurs manières de réussir en STAPS, un attendu faiblement développé peut être compensé par d’autres ». C’est sans doute la phrase la plus importante. Nous l’avons ajouté pour afficher notre volonté de mixer au maximum nos promotions d’étudiants. Mais personne n’a jugé utile de le relever.

Par ailleurs, les STAPS ont décidé de s’en tenir à ces attendus nationaux et de ne pas afficher d’attendus locaux. L’objectif était de ne pas mettre les universités en concurrence, et de traiter tous les candidats à égalité sur tout le territoire. Donc la licence STAPS de Montpellier n’a pas d’attendus différents des autres licences STAPS de France.

Il ne suffit pas de déterminer les attendus d’une formation, encore faut-il se donner les moyens de les évaluer sans tomber dans l’arbitraire, surtout dans une formation en tension comme les STAPS. C’est le rôle des « éléments pris en compte dans l’examen des candidatures », qui apparaissent dans un cadre séparé sur ParcourSup.

En effet nous mentionnons à cet endroit le BAFA qui fait partie des éléments éventuellement pris en compte dans l’examen des dossiers, pour l’évaluation de l’attendu « manifester de l’intérêt pour l’exercice de responsabilité collective, associative ou citoyenne ». En effet nous considérons qu’avoir pris l’initiative de passer tout ou partie du BAFA révèle un intérêt pour les missions éducatives et un engagement qui mérite d’être relevé. C’est nous semble-t-il parfaitement dans l’esprit de l’évaluation des attendus. Mais le BAFA est cité parmi d’autres pièces pouvant justifier d’un tel engagement, comme le fait de posséder l’attestation premiers secours, d’être initiateur dans son club, d’être juge ou arbitre dans l’association sportive de son lycée, d’être pompier volontaire, etc. Mais ce n’est parce qu’une pièce peut être éventuellement fournie qu’elle devient obligatoire. Pour l’évaluation des compétences sportives, nous demandons par exemple aux candidats s’ils sont inscrits sur les listes ministérielles des sportifs de haut niveau : cela signifie-t-il que nous ne prendrons que des sportifs de haut niveau ?

J’espère avoir été clair. Le BAFA n’est pas exigé pour rentrer en Licence STAPS, ni à Montpellier ni ailleurs. Il suffisait de consulter la plate-forme ParcourSup pour le comprendre. Et la plupart des étudiants qui entreront en Licence STAPS n’auront certainement pas ce brevet.

Je pense que ce débat méritait de se situer à un autre niveau. Nous avons fait l’effort d’accroître de manière significative les capacités d’accueil en STAPS, de manière à réduire la tension de la filière. Nous avons fait l’effort de construire un système d’examen des candidatures multipliant les critères et évitant l’élitisme. Nous allons mettre tout en œuvre pour faire réussir les étudiants, pour qu’ils puissent réussir leur insertion dans le domaine professionnel dont ils rêvent. Les vrais problèmes sont ceux des moyens accordés à l’université, de leur fléchage effectif sur les filières en tension, de la diversification des voies de réussite, de la formation des enseignants à l’accueil des nouveaux publics, de la conception d’offres de formation adaptées aux évolutions du marché de l’emploi.

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