Capacités d’accueil en STAPS à la rentrée 2020

 Le contexte démographique actuel et les forts taux de réussite à la session 2020 du baccalauréat ont conduit à encore augmenter la pression sur les Universités. Elles doivent accueillir plus de 35 000 bacheliers supplémentaires à la rentrée de septembre. La filière Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportive (STAPS), très attractive, est bien entendu fortement sollicitée. Pour autant dans le contexte actuel, l’accueil d’étudiants surnuméraires à la rentrée apparait pour le moins surréaliste.

En effet, en 2018 les STAPS ont su mobiliser leur communauté pour proposer 3000 places supplémentaires à leurs capacités d’accueil, déjà critiques, avec la promesse de recrutements pérennes d’enseignants et d’enseignants chercheur permettant de faire face à cet afflux massif et durable d’étudiants dans les unités STAPS.

Une partie des moyens n’a malheureusement pas été fléchée in fine vers les STAPS et très peu de nouveaux collègues ont pu être recrutés pour soutenir des équipes pédagogiques déjà sur-sollicitées. Pour mémoire, le nombre d’étudiants en Licence 1ère année de STAPS a doublé entre les années 2008 et 2020 (de 10 000 à 21 000 étudiants à la rentrée 2019) sans évolutions significatives tant des budgets de fonctionnement et que des taux d’encadrement. La situation s’est aujourd’hui encore aggravée avec la progression du pourcentage de réussite en 1ère année. La mise en œuvre favorable du portail Parcoursup a permis la présentation des compétences attendues pour la formation STAPS. Elle a en conséquence amélioré l’orientation des lycéens vers celle-ci. Le nombre d’étudiants en licence STAPS 2ème année a ainsi bondi de 17 % en deux ans.

Aujourd’hui, les rectorats demandent aux unités STAPS, comme aux autres composantes de l’université, de prendre encore plus d’étudiants à la rentrée prochaine contre un « chèque unique » de 1 600 € par étudiant. Peut-être faut-il rappeler que les étudiants qui commencent un cursus en STAPS le poursuivent pour leur majorité et qu’ils doivent être encadrés à coût complet et non gratuitement dans les années supérieures du cursus ! Il est donc particulièrement surprenant que notre ministère de tutelle ne nous propose des financements que pour la seule année d’entrée en formation dans l’enseignement supérieur. Il est également étrange que le MESRI n’applique pas les coûts annuels connus et diffusés dans ses réseaux pour accueillir de nouveaux étudiants en formation à savoir non pas 1 600 € mais 10 220 € par an en 2010 ! (https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid54957/les-chiffres-cles-2010-de-l-enseignement-superieur.html). De plus, le plan étudiant de 2018 prévoyait une attribution de moyens sur trois années. Cela ne s’est pas traduit dans les faits, le nombre de postes créés dans les unités STAPS en 2019 et en 2020 se comptant sur les doigts d’une seule main. Les STAPS ne peuvent revivre une telle situation.

Outre la saturation des locaux d’enseignement et celle encore plus importante des installations sportives, le contexte est donc très défavorable à une nouvelle augmentation des capacités d’accueil en STAPS. Il aurait pu être différent si les moyens nécessaires et promis en 2018 avaient été réellement attribués. En effet, il ne s’agit pas seulement d’accueillir plus d’étudiants mais surtout d’être en capacité de maintenir une qualité de formation propre à garantir, à l’issue des cursus universitaires et de la diplomation, une insertion professionnelle décente dans un avenir socio-économique incertain. Enfin, l’actualité liée aux conditions de rentrée, aux adaptations imposées par l’épidémie de la COVID-19 et aux inquiétudes qu’elles engendrent, rend encore plus irréaliste l’accueil d’étudiants supplémentaires sans les moyens adaptés.

Le Conseil d’Administration de la C3D

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