Maurice Portes nous a quitté

Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès de Maurice Portes. Il vient de rejoindre sa femme Mado qui nous avait quitté il y a peu de temps.

Maurice Portes a été mon collègue et mon ami pendant de longues années. Professeur d’Education Physique et Sportive, spécialiste de Hand-Ball, joueur et entraîneur de haut niveau, il a surtout été l’un des artisans de la construction des STAPS à l’université. Nous avons notamment mis en place tous deux la Maîtrise Education et Motricité à l’Université de Montpellier, au début des années 2000. Nous avons aussi organisé ensemble, et avec les collègues de l’académie de Montpellier, les Journées de l’AEEPS qui ont été un lieu de rendez-vous majeur pendant quelques années.

Maurice Portes était avant tout un théoricien majeur de l’approche culturaliste en Education Physique. Il avait su donner au concept de technique un contour solide, fondant une démarche pédagogique originale et fructueuse, loin des clichés rudimentaires de ses détracteurs. Il a été un des piliers des Stages Maurice Baquet, qui ont fondé les bases de l’Education Physique contemporaine. Il a été aussi un des fondateurs et membre actif du CEDREPS, un groupe de travail de l’AEEPS qui a toujours poursuivi une ligne théorique ferme et innovante.

Voici quelques années on m’avait demandé quels auteurs m’avaient le plus influencé dans mon parcours. J’avais cité sans hésiter Jacques de Rette, le fondateur des Républiques des Sports, et Maurice Portes. Nos derniers échanges dataient de quelques jours, à propos du concept de « tranche de vie » qui nous semblait si bien décrire les expériences que les élèves devaient vivre en Education Physique à l’Ecole.

Didier Delignières

Les conférences de doyens et directeurs d’UFR s’expriment sur les nouvelles architectures universitaires

Après l’adoption de la loi de juillet 2013, tous les établissements d’enseignement supérieur se trouvent précipités dans une recomposition territoriale initiée par le « pacte recherche » (2005) et la loi LRU (2007).

Des décisions importantes visant à des fusions ou à l’ajout d’une strate supplémentaire de « communauté » entre plusieurs établissements sont censées être prises avant le 23 juillet 2014.

Dans les nouvelles architectures qui émergent, trois évolutions majeures se dégagent :

1. Une remise en cause du lien Formation/Recherche par l’affaiblissement du rôle des UFR.

2. Un découplage entre les licences et les masters, les premiers restants au niveau de l’université, les seconds fortement impliqués voire mutualisés dans les nouveaux regroupements de type COMUE.

3. Une structuration de la recherche présentée en agrégats de mots-clefs (énergie, humanités, environnement, nouvelles technologies,…). Ces termes supposés plus concrets pour les décideurs politiques et économiques (qui pourraient donc davantage contribuer aux budgets universitaires) tendent à effacer la cohérence des corpus disciplinaires et des règles spécifiques qui en établissent la légitimité scientifique.

Ces évolutions sont donc porteuses de nombreux dangers.

Nous pensons que le système public d’Enseignement Supérieur doit s’appuyer sur l’existence et le rayonnement des UFR, comme souvent dans le monde, sur le modèle des facultés.

L’UFR, « la Fac », est le point d’entrée naturel des étudiants dans le post bac et il est essentiel d’y mêler les enjeux pédagogiques et scientifiques. L’UFR est la structure qui fait vivre un couplage fort entre recherche et formation, ainsi qu’une articulation des licences et des masters.

L’existence d’entités de proximité qui assurent la collégialité, un principe d’organisation collective non fondé sur les logiques managériales, est essentielle pour le monde universitaire. C’est dans les UFR qu’exercent les enseignants-chercheurs dont le rôle est crucial pour l’avancée des recherches fondamentales et appliquées.

Une réforme structurelle d’envergure ne pourra réussir si le contact est perdu avec les réalités les plus concrètes de l’université d’aujourd’hui.

Face à tant d’enjeux, les décisions – qui ne relèvent pas de l’urgence – doivent prendre en compte l’expérience et les propositions des structures concernées et des personnels qui les font vivre. Les conférences continueront à être vigilantes sur toutes les questions qui concernent les composantes pédagogiques et de recherche.

Jean-Marc Broto (CDUS)
Sandrine Clavel (CDDSP)
Didier Delignières (C3D)
Christian Lagarde (CDD FSEG)
Philippe Saltel (CDUL)

La C3D adopte de nouveaux statuts

Lors de son assemblée générale de novembre 2014 à Orléans, la C3D a adopté à l’unanimité une modification de ses statuts et un règlement intérieur.

Les nouveaux statuts pour ce qu’ils ont d’essentiel distinguent deux instances au sein de la C3D:

– l’assemblée générale est composée de personnes physiques, les directeurs de structures STAPS membres de l’association. L’assemblée générale élit le Conseil d’administration et vote les statuts de l’association.

– le séminaire est composé de personnes morales, les structures STAPS adhérantes aux productions de la C3D. Le séminaire est une instance de travail qui prépare les décisions soumises au Conseil d’Administration. Toute structure adhérante peut être représentée au séminaire, soit par son directeur soit par tout autre représentant mandaté par le directeur. Chaque structure représentée dispose d’une voix lors du séminaire.

Ces dispositions visent à assurer la représentation de toutes les structures STAPS au sein de la C3D, quel que soit leur statut au sein de l’université (UFR, départements, etc…)

Une autre disposition autorise les membres du Conseil d’Administration et du Bureau à renouveler leurs mandat sans limitation, tant qu’ils demeurent membres de l’association. Cette disposition vise à éviter que des membres actifs dans la gouvernance de la C3D se voient obligé de mettre un terme à leurs missions au terme d’un mandat non renouvelable. Les membres du CA et du bureau remettent leurs mandat en jeu tous les deux ans face à l’assemblée générale.

Le mot du nouveau Président

C’est avec un mélange de fierté et d’anxiété que je prends mes fonctions de président de la C3D. Fierté parce que je mesure la qualité du travail réalisé par la Conférence et les UFR STAPS pour construire une offre de formation cohérente sur l’ensemble du territoire, et en prise avec les réalités socio-économiques. Je tiens ici à rendre hommage à ceux qui m’ont précédé, et notamment Paul Delamarche. Anxiété parce que nous traversons une période perturbée (autonomie des universités, fusions, création des ESPE, révision de la nomenclature des diplômes, restrictions budgétaires, etc.) qui peuvent rapidement mettre à mal l’édifice que nous avons construit.

Je remercie les Directeurs qui m’ont accordé leur confiance, et les membres du Conseil d’Administration sur lesquels je sais pouvoir compter pour faire avancer collectivement le travail de la Conférence.

Didier Delignières