Filles et garçons en STAPS

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a récemment mené une enquête sur les effectifs filles et garçons dans ses filières. Les résultats, présentés dans les figures illustrant cet article, font apparaître une nette sur-représentation masculine. La figure 1 indique les pourcentages moyens de filles et de garçons, de la première année de Licence à la seconde année de master. En première année, la filière accueille 74% de garçons et 26% de filles. On retrouve cette répartition dans tous les UFR et départements STAPS de France. Le pourcentage de filles tend légèrement à augmenter au fil des années, indiquant que ces dernières obtiennent de meilleurs résultats au cours de leurs études. Mais la suprématie des garçons reste marquée : en seconde année de master, on a encore 65% de garçons pour 35% de filles.

Figure 1

Nous nous sommes également intéressés à la répartition des filles et des garçons en fonction de leur orientation dans les différentes filières professionnelles. La figure 2 indique ces pourcentages au niveau de la troisième année de Licence. Les résultats au niveau des masters sont similaires. La filière Activité Physique Adaptée-Santé (APAS) est celle où les filles semblent s’orienter de manière préférentielle (55% de garçons, 45% de filles). Par contre la filière Entraînement Sportif (ES) est fortement masculinisée (80% de garçons, 20% de filles). Il en va de même pour les filières Management du Sport (MS) et Ergonomie (ERGO). Quant à la filière Education et Motricité (EM), qui vise principalement les métiers de l’enseignement, elle se situe entre ces deux extrêmes (70% de garçons, 30% de filles). On retrouve logiquement des pourcentages similaires au CAPEPS… On observe cependant que dans certains UFR qui proposent des parcours spécifiques de Licence préparant au concours de Professeur des Ecoles, les filles deviennent localement majoritaires.

Figure 2

Ces données indiquent clairement que le sport, les métiers du sport, et les études qui y mènent sont essentiellement une affaire masculine. Ceci est évidemment à relier à la relative désaffection des filles pour la pratique sportive au cours de l’adolescence, à la typicalisation masculine de la majorité de l’offre de pratique. On y retrouve aussi la trace du désintérêt relatif des filles pour les cours d’EPS dans le système secondaire. Mais le résultat est là : les filières universitaires, qui forment une part non négligeable des intervenants et des cadres du sport et de l’activité physique, le font à partir d’un creuset initial aux trois quarts composé de garçons.

Par la suite, l’orientation des étudiants obéit à une représentation sexuée des filières et des métiers qu’elles visent. Les métiers tournés vers les publics fragiles, handicapés, malades chroniques, vieillissants (APAS) ou ceux de la petite enfance attirent plus volontiers les filles. En revanche, les métiers de la performance (ES) ou de l’entreprise (MS et ERGO) apparaissent comme de forts bastions masculins. Il est intéressant par contre de voir que les pourcentages observés en Education et Motricité sont identiques aux pourcentages généraux de la Licence 3 (70% de garçons et 30% de filles) : la masculinisation de la formation (et du recrutement) des enseignants d’EPS semble donc essentiellement liée à la plus forte attirance des garçons pour les études en STAPS, qu’elle ne fait que reproduire.

 

On pourra trouver la suite de cet article à cette adresse: blog.educpros.fr/didier-delignieres/2017/03/08/filles-et-garcons-en-staps/

Voir aussi:

Le groupe Filles et STAPS (2016). Les filles en voie de raréfaction en STAPS : État des lieux, enjeux et actions à promouvoir. Site EPS et Société, 10 mars 2016

Delignières, D. (2012). Enseigner l’Education Physique et Sportive : Une histoire de mecs. Blog, 19 décembre 2012.